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 Une photo... (Terminé)

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MessageSujet: Une photo... (Terminé)   Mar 25 Oct - 18:25

<<Une photo : L'instant qui s'arrête, les sentiments qui demeurent et la vie qui s'en va. >>
--Inconnu--


Une fille simple et naturelle. Un sourire aux lèvres, un de ses sourires en coin qui ne me quitte pas une seconde. Je suis heureuse, tout le monde est fier de moi et cela fait quelque temps déjà que je joue mon rôle de fille épanouit à merveille. Les gens ne voient pas ou ne veulent pas voir et je ne veux pas leur montrer de toute façon. Je veux être vu comme une fille forte, une fille qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et qui s'en sort dans n'importe quelles situations. Mais, je dois avouer que depuis quelques temps, tout s'effondre autour de moi. Bien entendu, personne n'est au courant, car je reste présente pour les autres. Je me noie dans leurs problèmes pour ne pas affronter les miens. Jour et nuit, je résiste à lâcher prise, je résiste à tout abandonné et ainsi, je lève la tête et je me bats sans arrêt. Encore quelques fois le soir dans mon lit, la musique résonne dans mes tympans et je m'évade dans un univers autre que celui-ci. Pourtant, il me faut et il me suffit d'entendre que quelques notes pour sombrer profondément. Ces notes qui me rappellent que je ne suis pas aussi forte que cela et qu'au fond, je n'avance pas plus que je recule. Alors, les larmes coulent et je me rends compte que rien n'est aussi bien qu'il n'y parait. Ma vie, n'est pas aussi bien que je le prétends. Je passais mes nuits et passe encore quelques nuits à pleurer, à me demander ce qui ne va pas chez moi. Certain soir, je me cache sous mes couvertures et je me remets en question. À ces petits matins, comme à mes habitudes, mes yeux sont gonflés et rouge de tristesse. Mes larmes sont acides et me bouffent de l'intérieur. Je l'ai cachent derrière mon maquillage, derrière un peu de fond de teint et derrière mon mascara et le tout, passent inaperçue. Tout recommence. Une journée de mensonge, une journée à sourire, une journée d'illusion. Aujourd'hui, a été une de ces journées comme les autres à l'exception qu'aujourd'hui est l'anniversaire de sa liberté. De la mort de mon père. Aujourd'hui, tout est pareil et en même temps tout est différent. J'aimerais que ma vie entière soit filmée pour ainsi revoir que les meilleurs moments. Pour pouvoir ressentir les mêmes choses que j'ai ressenties à ces moments précis. Je sais bien que cela m'est impossible, c'est pourquoi j'essaie de me souvenir le plus possible de chaque détail qui ont fait de ces moments, des moments, si, uniques. Je me dis que si je m'en souviens, alors je pourrais les revivre quand bon me semblera et ce, seulement en fermant les yeux et en imaginant. Mais, je sens que je perds quelques détails un peu plus chaque jour et cela me fait peur. J'ai peur d'oublier... J'en ai toujours voulu au temps, car il passe trop vite. Je lui en voulais et lui en veux, de détruire mes souvenirs, mais j'ai fini par comprendre que parfois les plus belles histoires prennent du temps. Les plus beaux moments ont souvent été attendus très longtemps. Je repense à nos mains (ceux de Luna et de son père) qui se serrent et nos yeux qui se croisent, car après tout, c'est l'attente dans la mesure du possible qui rend les choses aussi belles. C'est pourquoi en ce moment je me tiens devant ce qui a été et ce qui est encore, sa chambre...

-Je t'aime Papa... Avais-je doucement murmuré au vent qui semblait le porter malgré tout assez loin de moi.

Je n'eus comme réponse qu'une bourrasque de vent qui filtrait par la fenêtre et relevait de très peu ma robe. Je posais mes mains sur le bas de celle-ci en inclinant mes jambes vers l'intérieur tout en les penchant légèrement. Un réflexe qui venait des films de princesse que j'avais trop souvent écouté dans ma jeunesse débordante de compte de fée. Le vent se calmait finalement et mes cheveux retombèrent sur mes épaules aussi silencieusement que leur protestation et leur lutte précédente contre le vent. Je clignais des yeux tout en redressant mon corps et contre toute attente, je fis un pas vers l'avant. Mes mains effleurèrent le bois de la porte qui délimitait une barrière psychologique et toujours incapable de franchir l'interdit, je me reculais précipitamment comme si mes doigts venaient d'être brulé par un feu vif et fort. J'avais entendu par un employé de l'hôtel que le ''manque'' était le pire des sentiments et qu'il nous poussait bien souvient à ne rien faire pour voir ce qui se passait autour de nous et de pouvoir trouver une occasion de sauter par-dessus notre solitude. Semblait-il, que j'agissais ainsi. J'attendais pour pouvoir défoncer le mur que j'avais moi-même construite dans ma tête et laisser ma solitude seule, sans partenaire de jeux. Égoïste? Oui... je le suis et je le suis que pour moi. Comme je l'étais trop souvent dans mes contes de fée que je me créais. Les contes de fées,... c'est à ça que rêve chaque petites filles et même les grandes le soir en s'endormant. Mais, un jour l'on finit par vieillir et on comprend. Les contes de fées ne sont que des contes de fées. La vraie vie, elle, n'a rien à voir. La vraie vie nous pousse à nous battre pour ce que l'on veut. Les '' princes charmants '' ne débarquent pas tous sur le dos d'un cheval blanc. Ils existent, certes oui. Ils nous font mal et certain en valent la peine et d'autres non. C'est seulement avec le temps qu'on arrive à faire la différence entre les deux. Chaque personne souffrira pour l'un ou l'une d'entre eux. Et un jour, qui peut parfois prendre beaucoup trop de temps à arriver, on le trouve ce fameux '' prince charmant ''. Celui ou celle qui rendra chaque moment merveilleux et qui fera de notre vie quelque chose de beaucoup mieux qu'elle ne l'est. Pour le moment, à défaut d'avoir trouvé ma Princesse, elle qui serait pour moi mon ''prince charmant'', je dois me contenter de vivre avec un pied dans le présent et un pied dans le passé. Mes poumons prirent une grande respiration et expirèrent tout autant. Comme si ce geste de mon corps pouvait calmer le chaos intérieur qui monopolisait mon esprit. Je reculais encore d'un pas et mon pied heurtait un meuble qui délimitait une marque encore ici imaginaire entre les portes de nos chambres et le reste du loft. Comme, s'il y avait un mur nous enfermant dans un couloir, ce que symbolisait le meuble où il y avait des petits cadres avec des photos déposées dessus, le mur. Je me tournais, observant presque d'une façon surprise le meuble et nerveuse comme j'en avait pris l'habitude.

-Ça fait toujours drôle de voir comme on n'est rien du tout dans un monde bien trop grand pour nous... Avais-je dit tout bas comme si j'espérais un miracle de la part de la vie elle-même.

Je posais mes mains sur un cadre non loin et le replaçais pour qu'il puise trôner encore fièrement un long moment sur le mobilier. De mon accrochage contre le coin du meuble, celui-ci est tombé cachant un souvenir trop rare et trop merveilleux pour disparaître. Devais-je l'observé plus longuement maintenant qu'il était droit et fière et dévoilait tous les souvenirs qu'il gardait presque jalousement? Cette simple idée allait à l'encontre de ce que mes idées me criaient, mais était si aguichante... Ma tête se détournait finalement après une lutte personnelle et intérieur, entrainant mon regard un peu plus loin vers la pièce silencieuse qu'était mon loft. Retour à la réalité me disais-je tout en tournant des talons pour prendre le chemin de ma chambre. Le bonheur... n'est que souvenir. Je marchais lentement jusqu'à la porte de ma chambre qui était à quelques mètres plus loin que celle de mon père et j'ouvris celle-ci sans un bruit. Silencieuse et lourde de sens. Je pénétrais dans ma chambre et mon premier réflexe a été de regarder l'heure afficher sur mon réveille matin. Nous étions en après midi et il était 15heures et 37minutes. La dernière fois que j'avais regardé l'heure, il était 15heures et 16minutes. Signe, que j'observais trop le temps qui s'écoulait, comme si je courais après celui-ci qui ne passait déjà pas assez rapidement. J'avançais encore, parcourant la courte distance me séparant de mon lit et mon corps se laissait tomber sur les couvertures réconfortantes. Je voulais abandonner cette journée, m'endormir et me réveiller que le lendemain matin et ainsi pouvoir me dire que ce n'était qu'un rêve. C'était un geste lâche, mais je n'avais plus réellement envie d'être forte. Mais, être forte c'était quoi au final? J'entendis une petite voie dans mon esprit me crier qu'être forte c'était : « rayonner de bonheur quand on est malheureuse, essayer de pardonner à quelqu'un qui ne mérite pas le pardon, donner sans retour. Être forte, c'est resté aussi calme en plein désespoir, d'être joyeuse quand on ne l'est pas, sourire quand on a seulement envie de pleurer, ». Oui... elle avait raison cette petite voie. Je connais la définition, cependant, je n'ai plus envie de rire quand mon cœur est en morceaux, de me taire quand l'idéal est de crier à tous, ma souffrance. Je n'ai plus envie de consoler les autres quand j'ai besoin d'être consolé moi-même. Mais, rien ne se console parce que rien ne se remplace. Même les départs forcés sont pris pour des abandons. Mon cœur peut se briser, mais jamais au grand jamais s'arrêter de battre. Je n'ai rien oublié et n’oublierai pas, j'y pense encore. J'ai toujours un pied dans le passé et je tombe sans cesse dans le présent. L'attachement est une absurdité, une incitation à la douleur... Les êtres s'attachent et deviennent dépendants les uns des autres et lorsque l'un vient à partir, le monde s'écroule autour de l'autre. Un sourire naquit aux commissures de mes lèvres, alors que plusieurs larmes parcouraient déjà mes joues. Étais-je déjà si désespérée?

-Pardon papa de pensée comme ça, murmurais-je faiblement en retenant mes larmes qui se bornaient à poursuivre leurs descente jusqu'à mon menton.

Je traînais mon corps jusqu'aux oreillers de mon lit et ma tête, comme un poids d'une cinquantaine de kilo, s'échouait sur les coussins. Mes yeux se firent lourd et comme mon souhait précédent, le sommeil me prit et m'envoyait dans un autre monde, laissant mon esprit se reposer dans un univers presque angélique et mon corps aussi. Un endroit angélique... ouais... Ce n'était que la rue Laurier...

Dans un petit bar rue Laurier, alors que la grande ville a enfilé sa robe de nuit depuis un bon moment déjà, ses doigts tambourinent sur la table au rythme des gouttes de pluie contre la fenêtre. Une forte odeur de bière et d'alcool règne dans les lieux, petit endroit miteux où se rejoignent des gens de tous les genres. Au comptoir, plusieurs habitués de la place, des hommes âgés entre trente et cinquante ans, certains arborant déjà une chevelure poivre et sel et aux tempes grises, alors qu'aux tables se trouvent des groupuscules de jeunes adultes n'ayant rien de mieux à faire de leurs vendredis soir. Le décor est à pleurer et il en vient à se dire que ce n'était pas un endroit particulièrement décent où lui demander de le rejoindre. Bien, que la décence ne soit pas un principe qu'elle semble mettre en valeur. La serveuse, une brunette aux traits ordinaires et aux hanches larges vient lui demander si il souhaite quelque chose d'autre. À nouveau, il sourit et lui demandes une bière blanche, ressentant malgré lui l'obligation de spécifier qu'il « attend quelqu'un qui ne devrait pas tarder ». Ayant sans doute entendu cette réplique pour une énième fois, la jeune femme se contente d'opiner du chef et de retourner au comptoir. Le carillon de la porte grinçante se fait à nouveau entendre, laissant pénétrer une brise automnale et le bruit des voitures roulant sur l'asphalte mouillée. À l'odeur amère de l'alcool vient maintenant s'ajouter celle de la pluie, ajoutant à l'ambiance misérable des lieux. Son cœur se resserre lorsqu'il la voit dans le cadre de la porte, toute trempée. Il lui avais pourtant bien proposé d'aller la chercher et lorsqu'elle avait catégoriquement refusé, signifiant qu'elle était « une grande fille capable de se débrouiller », il avait même pris soin de lui dire de se munir d'un parapluie, au cas ou. Apparemment, son obstination restera parmi les choses qui ne changeront définitivement jamais. Pour le reste, par contre, il lui est difficile de constater à quel point elle a changé depuis la dernière fois qu'ils se sont vus. Quand était-ce, déjà? Il a peine à s'en souvenir. Plusieurs mois, si ce n'est pas même plus d'un an. C'est insensé comme les gens auxquels nous sommes le plus intimement liés peuvent rapidement devenir ceux dont, inconsciemment peut-être, l'on s'éloigne le plus... Après avoir secoué ses cheveux comme le ferait un chien pour se sécher, elle le cherche du regard dans la semi-pénombre de l'endroit, finissant enfin par l’apercevoir. Une vague d'émotions l'envahit lorsqu'elle lui sourit et se dirige vers lui. En la voyant ainsi s'approcher, il constate qu'elle ne fait qu'embellir avec le temps. Elle porte une petite robe noire ajustée qui met en valeur sa taille découpée et rehausse sa poitrine généreuse. Elle porte des escarpins d'un rouge aussi vif que le sang, comme ses lèvres qu'elle aime colorer, venant parfaire davantage ses longues jambes minces et effilées.

Alors qu'il la jauge ainsi, il se dit qu'elle aurait facilement pu devenir mannequin et faire carrière dans ce domaine, qui aurait été nettement plus respectable. Ses joues sont rougies par le froid et des gouttes de pluie glissent toujours le long de son visage d'ange. Le temps qu'elle se rende jusqu'à lui, il constate que, tout autour, tous les yeux sont rivés sur elle. Les hommes du bar se dévissent littéralement le cou pour la contempler ou plutôt la reluquer et il ne peut s'empêcher de serrer les poings sous la table lorsqu'il constate tous ces regards de loups affamés posés sur elle. À ses yeux, ils sont tous rien de moins que des bêtes vulgaires et affamées de chaire et l'homme ne peux s'empêcher de vouloir la protéger d'eux. Personne ne la regarde comme lui, personne ne peut lui offrir toute l'affection qu'il lui porte. Toute cette affection qu'il souhaiterait tant lui offrir, mais qu'elle s'obstine à refuser depuis si longtemps déjà. Elle lui brise constamment le cœur, mais il ne peut faire autrement que de lui pardonner. Comment faire autrement? La conversation s'entame, se limitant à quelques formalités, à quelques politesses gênées. « Comment vas-tu, ça fait du bien de te revoir, la vie va bien? » Le froid de leur échanges le désolent, dire qu'il était une époque où ils étaient si proches l'un de l'autre... Aujourd'hui, il a le sentiment de ne plus avoir la moindre importance à ses yeux. Tout autour, les têtes continuent de se tourner, les yeux bifurquent dans sa direction. Il devine les pensés qui doivent traverser l'esprit des hommes les entourant, ces hommes qui semblent presque saliver rien qu'en la regardant. L'idée de telles pensés le fait frémir de rage. Combien de ces hommes ici présent ont-ils déjà posé les yeux sur elle, sur ses formes à faire rêver n'importe qui? Combien d'entre eux ont eu l'occasion de goûter à son corps, de le salir comme bon leur semble, de le souiller jusqu'à l'âme? Malgré lui, en voyant cet homme, là-bas, au fond, qui la dévore des yeux, cet homme qui doit avoir au moins vingt ans de plus qu'elle, il ne peux faire autrement que de l'imaginer la possédant, d'imaginer sa bouche dévorant la sienne, ses mains empoignant ses seins, ses doigts glissant entre ses cuisses, son corps vieux et sale ondulant contre sa peau douce comme de la porcelaine. Le même scénario se répète dans son esprit à chaque fois qu'il voit un homme la regarder. Malgré lui, il les imagines tous en train de la dominer, de la prendre, de la salir, lui imposant leur sexe, leur semence, leurs déchets corporels. Elle lui demande comment va sa vie, comment ça va au boulot. L'instant d'une seconde il s'apprête à retourner la question, par politesse, mais décide de s'en abstenir. Il sait que c'est un sujet à éviter avec elle, et qu'elle refuse d'en parler avec lui. Lui-même refuses de lui poser la moindre question, même si il ne peut s'empêcher de constamment y songer.

Combien sont-ils à l'avoir croisée au coin d'une rue? Combien sont-ils à l'avoir entraînée dans leur voiture, dans une chambre d'hôtel, dans une cabine de toilettes publiques? Combien ont-ils payer pour? Que lui ont-ils infligée? Tous des bêtes assoiffées de luxure et du plaisir du vices. N'ont-ils donc pas honte d'ainsi souiller celle qui représente le monde à ses yeux? N'ont-ils pas honte de lui arracher cette jeune femme splendide qui peine à le voir plus de deux fois par an? Pourquoi eux ont-ils droit de l'avoir elle, et pas lui? Qu'a-til donc bien pu faire de mal pour qu'elle s'éloigne de lui et préfère ainsi la compagnie de viles inconnus à la sienne? Après avoir tourné en rond autour de quelques sujets conventionnels, il essai de briser le malaise en lui demandant s'il sera possible de la voir au moins pour Noël. Il sait bien qu'elle ne travaillera pas, ce jour-là : aucune femme ne fait la rue le soir de Noël, aussi désespérée peut-elle être. Elle dit que ce devrait être possible et cette possibilité lui réchauffe le cœur. Il n'aurait pas supporté de ne pas la revoir avant des lustres encore. « Il se fait tard », finit-elle par déclarer en se levant. Le rouge de ses escarpins attire inévitablement son attention, il n'y a qu'elle pour se balader avec de telles chaussures en fin de soirée, rue Laurier. C'est ainsi qu'on la reconnaît, dans son domaine : la fille aux escarpins rouge. Rouge putain. « On se revoit prochainement », ajoute-t-elle en l'embrassant furtivement sur la joue. Son cœur se serre douloureusement à l'idée qu'elle retourne ainsi à la rue.

-Bonne nuit, Papa.


Le téléphone sans fil que j'avais laissé dans la cuisine ce matin, sonnait un premier cou. Me sortant ainsi de mon cauchemars du passé. J'ouvris mes yeux, étrangement réveiller après un sommeil qui semblait avoir été réparateur malgré tout. La sonnerie retenti une nouvelle fois et je n’eus pas d'autre option que de m'asseoir sur mon lit, mes cheveux allant dans tous les sens. Mes bras s'allongèrent au-dessus de ma tête et mon dos se courbait vers l'intérieur pour étirer mon corps et ainsi le stimuler a se réveiller plus rapidement. Mes yeux se fermèrent une nouvelle fois et le son strident du téléphone arrivait à mes oreilles pour une troisième fois. Un soupire sorti d'entre mes lèvres et je me levais comme si je voulais me venger d'un acte répréhensible. N'avais-je pas encore quitté ma chambre que le répondeur se mit à jouer un enregistrement répétitif et la voie d'un homme se fit entendre. Anthony... Coïncidence ou le destin? C'est une question que je me pose souvent et encore plus aujourd'hui. Honnêtement, je ne sais jamais où m'en tenir, la ligne entre les deux étant particulièrement mince, pour ne pas dire pratiquement invisible. Comment interpréter certains aspects de notre quotidien ? Comment savoir si un événement est le simple fruit du hasard ou s'il s'agit pratiquement d'un signe que la vie nous envoie ? Ça doit dépendre de nos façons de penser et nos croyances, enfin, je crois. Sauf que parfois il nous arrivent certaines choses qui sont d'une évidence quasi flagrantes ou bien, du moins, c'est ce que nous essayons de nous faire croire. Il arrive que certaines choses nous apparaissent comme quasi impossibles, ce qui nous pousse à croire que ce ne peut être du hasard, que c'est le signe que l'on attendait pour se lancer, prendre une décision, ou peu importe de quelle autre initiative dont il puisse s'agir. Mais, voilà ''faire croire''. Il est souvent question de faire-croire que l'on se fait à nous-mêmes. À force de trop se convaincre que c'est le sort du destin, que c'est un signe de la vie, le bon Dieu ou peu importe nous envoie, on finit par ce brouiller la vue. Les coïncidences existent-elles vraiment ? Honnêtement, je n'en sais rien. Je suis convaincue par contre, que, justement, à force de vouloir se convaincre que celle-ci n'existe pas, on en vient à tout interpréter de travers... Et on se fait de faux espoirs, la plupart du temps. Parfois j'en suis à me dire que l'on croit aux signes du destin seulement pour se rassurer nous-mêmes, parce que, sans ça, on n'arriverait pas à se convaincre d'aller de l'avant. Seulement, est-ce favorable ou, au contraire, devrait-on nous méfier de telles pensées ? Est-ce que ça nous aide vraiment à avancer ? Et, si oui, est-ce que ça nous fait vraiment avancer dans la bonne voie, ou bien on a eu tout faux et on marche les deux pieds dans une pure illusion ? L'homme me proposait de venir le rejoindre avec des amis, dans un bar, rue Laurier. Histoire de me changer les idées.

L'idée me séduit légèrement et sans réellement réfléchir, je me mets à chercher mes ballerines. Petit souliers sans talons, confortable pour des petites sorties comme celle-ci. Je ne pris même pas le temps de passer dans la salle de bain et de faire glisser la brosses sur ma tête et placer mes cheveux. Je ramasse mes clefs près de la porte et je sors en verrouillant derrière moi, ballerine dans les pieds. Un départ en catastrophe, mais un départ qui me changeait les idées, un départ comme je les aimaient lorsque je n'avais pas accès au bonheur. Mais, on est maître de notre propre bonheur... J'ai du mal à le comprendre, ou, en tout cas, j'ai parfois l'impression de l'oublier. Je remets toujours la faute de mon sort et mes malheurs sur le dos de la vie elle-même, du Karma, du bon Dieu, appelez ça comme vous voulez. Mais, au fond, je crois que nous sommes en grande partie responsables de ce qui nous arrive, que ce soit positif ou négatif. Il faut fabriquer nous-mêmes notre propre bonheur lorsque celui-ci semble avoir de la difficulté à venir à nous; parce que, sauf dans quelques exceptions près, nous sommes les seuls à pouvoir y faire quelque chose, généralement. Il y aura toujours des périodes difficiles. Sauf que, même quand on a l'impression que la vie ne fait que constamment nous tomber dessus un peu trop fort, il faut nous-mêmes fournir les efforts pour être heureux et ne pas se perdre dans ce tourbillon d'emmerdes du quotidien. Il y aura toujours certaines petites choses qui nous feront oublier, ne serait-ce que momentanément les moments difficiles, qui nous rendrons heureux. J'y travaille un peu plus chaque jour. J'essaie d'être une fabricante de mon propre bonheur. Mais, il y a des jours comme aujourd'hui ou seule, je n'y arrive pas. C'est incroyable comme la voie d'un être important, d'un ami peut changer radicalement l'humeur d'une personne. Il fallait dire aussi que sans le savoir, la brume du sommeil ne c'était pas totalement dissipé et mes idées n'avaient pas eu l'occasion de trop retourner vers l’enfer d'une vie. Je finis par quitter l’ascenseur de l'immeuble du centre-ville. Et rapidement, je gagnais l'extérieur, l'air chaud me frappant le visage. Dire que je m’accroche à ces petites choses aussi banales peuvent-elles êtres. J'aime ces moments comme aujourd'hui où il fait chaud dehors, où je peux me balader avec une robe trop courte pour moi, mais si confortable que j'adore porter, les cheveux en bataille à cause du vent mais qu'importe... C'est ce genre de moments qui me rendent optimiste, qui me donnent l'espoir que demain sera peut-être une bonne journée également. Du moins, c'est le genre de pensée que j'essaie d'avoir chaque soir en allant me coucher. Dans la vie, il y a ceux qui vivent et ceux qui survivent. Je me suis toujours considérée comme faisant partie de la seconde catégorie. Mais qu'importe que je sois une vivante ou une survivante, l'important, c'est que je suis une combattante. Je me bats jour après jour pour atteindre mon propre bonheur même si parfois, il me semble particulièrement difficile à atteindre, surtout en automne, après la mort de mon père.

Il devait être environ 21heures passé et malgré la nuit qui avait prit place, il y avait encore une douce chaleur qui enveloppait la ville malgré la froideur du temps. Un vent froid et toujours constant flottait entre les rues et les immeubles. Ce qui refroidissait considérablement la température. Finalement, il faisait froid en cette soirée... Il n'y avait que le bruit des voitures et des quelques couples s'activant pour retourner à leurs domicile ou pour sortir dans des clubs. Les feuilles de couleurs orangées éparpillées partout dénuant les arbres du seul abris qu'ils avaient du froid qui s'en-vient, c'était l'automne, pure et simplement. C'est étonnant de voir à quel point l'automne a un effet psychologique, pour la plupart du temps négatif, sur une grande majorité des gens. J'en suis victime. Automne, automne, automne ne prends surtout pas ton temps. Hiver s'en-suit. Paysage blanc à perte de vue, nez qui coule, joues rouge, le soleil qui décide de se coucher plus tôt, le froid qu'on a tant souhaiter et qu'on injure une semaine plus tard. Déjà, j'ai hâte que l'hiver pointe son nez et que le printemps prenne le dessus pour nous offrir l'été qui nous redonneras cet automne que je déteste tant. Pourtant j'aime l'automne. Je l'aimais. Je hais un paquet de choses. Je n'en ferais pas la liste. Je hais l'automne... Les grands murs de brique et de béton des gratte-ciels imposaient leurs dominance et les rues semblaient minuscules, tout comme moi. Le vent soulevait mes cheveux à chaque uns de mes pas et j'étais seule sur la rue si j'oubliais au loin, un couple qui se tenait la main, tête sur l'épaule. Non loin de ma tour à logement, je pris une petite ruelle, entre le restaurant du cartier et une tour à bureau. La ruelle pouvait conduire qui le voulait jusqu'à la Rue Laurier plus rapidement que de marcher jusqu'à l'interception et de descendre la rue qui s'y trouvait pour gagner Laurier. Ainsi, j'entrais dans la petite pénombre de la ruelle, mal éclairer. Tout comme le visage de la personne non loin. Je m'arrêtais doucement jusqu'à l'arrêt complet, encore à plusieurs mètres d'elles, mais désormais suffisamment proche pour pouvoir remarquer que cette personne, n'était rien d'autre qu'une Neko. Cette sous race d'esclave qui avait tuer mon père... Le petit bonheur que j'avais réussis à trouver en écoutant Anthony disparu aussitôt. J'étais comme, incrédule, incapable de bouger. Mon regard fixait celui de cette bête...


Dernière édition par Luna Sanchez le Ven 11 Mai - 16:26, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Une photo... (Terminé)   Mer 9 Nov - 21:15

L'aurore d'une nouvelle journée montre le bout de son nez. Lentement mais sûrement. Cette lumière aveuglante signifie pour moi qu'il est l'heure de se lever pour vivre une nouvelle journée. N'ayant pas de réveil, vivant ainsi depuis toujours, c'est une habitude importante que je ne pourrais jamais me passer quoi qu'il arrive. Les habitudes du matin ne se change jamais, surtout pas quand on a vécu comme une rebelle depuis toujours. J'avoue que certaines habitudes se sont transformé depuis que j'avais perdu tout ceux qui m'était proche, cependant, certaines ne change pas, d'autre ont évolué en fonction de la situation. Et puis, n'oublions pas que je suis dans cette nouvelle ville depuis à peu près quelques jours seulement.
Mais aujourd'hui, ce n'est pas un jour totalement normal, loin de là même. Ce jour-ci, j'allais faire quelques choses d'extraordinaire, de rare, une chose qu'une hybride rebelle peut avoir difficilement par ses propres moyens surtout quand elle vie seule, du moins, c'était ma vision, peut-être que je me trompais. Après tout, moi j'avais toujours vécu dans un lieu unique où tout était fabriqué sur place. Je n'avais pas besoin d'utiliser mes talents pour avoir de l'argent afin de m'offrir certaines choses. Pour moi, une vie de rebelle ne peut-être que comme ça, cependant, peut-on penser le contraire ? Dans ma tendre enfance, on m'avait toujours dit que les chasseurs étaient partout à la recherche d'hybride rebelle afin de gagner de l'argent en les vendant à des vendeurs qui les vendrait à leur tour à des clients. Cette vision n'était peut-être actuelle que dans ma ville. Certes, il me semble avoir entendu une autre vision de vie de rebelle lors de mes ballades en ville mais je n'ai jamais cru que cela soit possible. Ou tout du moins, une partie est vraiment trop impossible.

Soit pour que cette journée soit parfaite, je pris la peine de me laver, de me coiffer longuement et pour finir, je m'habille d'une simple tenue qui fait l'affaire. Une petite robe blanche, légère comme une plume et qui ne me protège à peine du vent glaciale qui s'animait lentement. Le froid commençait vraiment à me gagner de plus en plus et je n'avais rien pour me réchauffer. Je secoue brutalement ma tête pour chasser toutes les idées qui me donnaient encore plus froid. Et puis, d'une manière rapide tout en me frottant les bras sans cesse, je m'éloignais du lac d'où je venais de me laver en direction de la ville.
Le parc était vide le matin à l'aurore, ce qui m'arrangeait au fond, je n'aimais pas voir du monde quand je m'occupais de moi. Le monde me terrifie de plus en plus, surtout ses humains, nés du diable. Cependant, je constatais tout de même que la vie de rebelle y était bien plus facile, ce qui arrangeait bien mes affaires. Avant, je pouvais compter sur mes amis, sur mon peuple pour survivre mais maintenant, je ne peux compter que sur moi-même. Je regrettais de ne plus avoir mon ami Sario à mes cotés. Il était mon protecteur, celui qui m'apprenait à me battre. Mais au fond, j'ai besoin de lui, je ne suis pas aussi forte sauf niveau morale, là, il n'y a aucun soucis.

Toutes ses pensées, tous ses souvenirs étaient venu m'envahir pendant que je marchais en direction de la ville, plus précisément, les rues marchandes où il y avait du monde. C'est étrange d'aller dans un tel endroit quand on aime pas le monde. Disons, que j'y suis obligé cette fois-ci, je surmonterais cette phobie pour parvenir à mon projet. Seul mon projet occupé désormais toutes mes pensées. Il fallait que je pense à ça, c'était une nécessité absolue.
La ville commençait à se remplir de plus en plus. Quand à moi, je finis par m'arrêter à un endroit précis, regardant de chaque coté essayant de trouver le meilleur endroit pour être le plus vu. C'était une grande place, avec une petite fontaine au milieu. C'était là que je faisais généralement mes spectacles, et cette fois encore, ce serait toujours le cas. J'avais beau chercher, je ne trouvais pas mieux comme endroit.

Comme je le faisais depuis quelques jours, j'installais un petit sac en plastique par terre. N'ayant pas de chapeau, de petite bourse toute jolie, rien de mieux qu'un sac en plastique récupéré dans la rue pour récolté de l'argent afin de me récompenser de ce que j'allais leur offrir. Quand tout fut prêt, je pris une grande respiration avant de parler tout haut pour attirer le monde à me regarder moi, et rien que moi.


    - Messieurs, Mesdames, les enfants, approchez-vous, regardez ce que je sais faire. Et si vous en voulez plus, demandez et peut-être que j'exaucerais votre vœux.


Ainsi, je commençais à faire ce que j'avais du faire dans le passé comme punition pour être sortis hors du territoire. Le spectacle avait l'air de plaire car beaucoup de personne était venu me voir et certains accepté de me donner quelques pièces. Parfois un euros, parfois dix centimes mais c'était toujours ça de gagner. En plus de me faire gagner un peu d'argent, cela me permettait aussi d'avoir un peu plus chaud. Je bougeais tellement que le froid n'avait pas le temps de me glaçait une partie de mon corps.
Certains ne faisait que regarder sans rien demander, alors que d'autre ne se gênait pas pour me mettre quelques défis. A vrai dire, je ne leur montrais jamais tout du premier coup, gardant quelques atouts de cotés. Je devais être bonne pour pouvoir recevoir un geste de leur part. Je devais leur faire plaisir pour gagner un peu plus que prévu. Je devais les surprendre pour qu'il soit sous mon charme et ne compte plus combien il me donne.
Pendant environ quatre heures et peut-être un poil plus que je me dandinais pour leur plaire. Je finis par m'excuser, utilisant l'excuse que j'avais besoin d'une pause et d'un petit repas. Le monde finis par s'éloigner un peu de moi, certains jetant quelques dernières pièces. Après que tout le monde soit partis et que je me retrouve un peu plus seul, je range mes affaires pour me coincer dans un petit coin à compter ce que j'avais gagné aujourd'hui. Aujourd'hui fut la meilleure journée du moment, il semblerait que j'avais assez gagné. J'allais enfin pouvoir obtenir ce que je désirais tant.

Toutes ses journées longues, fatigantes mais à la fois éblouissantes, vivantes allaient s'arrêter car j'avais obtenu ce que je voulais, et c'était le plus important. J'allais enfin avoir un peu de repos pour reprendre de l'énergie car j'étais en ce moment-même vidé et que je finirais pas tomber malade si je ne trouve pas rapidement quelques choses de chaud pour mettre sur moi quand je dors. Parfois, il m'arrive d'envier les jeunes neko qui ont la chance d'avoir un abris, une maison pour se reposer dès qu'ils en ont l'occasion. Bien entendu, ils doivent obéir à ses satans du diable mais est-ce vraiment si insupportable que ça ?
Délicatement, je me donne une légère frappe sur la tête avec un grand sourire qui apparut juste après. Bien sur que c'est insupportable, cela te prive de ta liberté. Je suis quelqu'un qui ne supporte pas qu'on la prive de liberté alors je ne peux pas envier une telle vie au final. Bien que, parfois, j'ai envie d'une vie calme, de me sentir aimer et d'être importante à nouveau pour une personne. Cependant, ce n'est qu'un souhait que j'enferme en moi pour que personne ne sache vraiment ce que je désire.

Bon il était temps pour moi d'aller m'acheter au plus vite ce que je voulais tant. Le froid commençant à glacer à nouveau tout mon corps. Si je ne me dépêchais pas, bientôt, je me transformerais en glaçons. Et si je suis dans l'impossibilité de réagir, je ne dis pas chère de ma peau. Qui ne profiterais pas d'une neko aussi ravissante que moi dans un moment pareil ? Il y a peut-être des personnes gentils qui ne le feront pas, qui offriront même de me réchauffer avec un bon chocolat chaud mais à mon humble avis, ce sont des personnes très rares. Rien que de penser à ce qu'il pourrait me faire, j'en ai des frissons dans tous le corps.
Secouant la tête de gauche à droite pour me réveiller et surtout chasser tout ses pensées sombres pour me concentrer sur la route devant moi. Le lieu où je me dirigeais n'était heureusement plus très loin. Certains tournait le regard vers moi car je soufflais sur mes mains pour essayer des les réchauffer. Je faisais ce que je pouvais pour empêché mon corps d'être frigorifié. Le froid, il occupait beaucoup mes pensées, je n'arrivais pas à me concentrer sur des pensées chaudes comme le volcan ou un soleil d'été très chaud. Le froid les chassait toujours aussi vite qu'il arrive à mon esprit.

Enfin jusqu'à ce moment-là.

En ce moment, je me trouvais devant une vitrine d'un magasin. N'arrivant pas à me contrôler, je viens me coller contre la vitre, posant mes mains dessus, regardant avec envie tout ce qu'il proposait. Après que l'excitation du moment soit passé, mes mains quittent enfin la vitre pour reprendre les gestes habituels du moment. J'avais envie de m'acheter la plupart des choses qu'ils proposaient mais je ne pouvais m'offrir qu'une seule chose. Et d'ailleurs, il était temps pour moi d'en prendre possession maintenant.
Rapidement, je me dirige vers le magasin, ouvrant la porte avant d'y pénétrer à l'intérieur. Je regarde à droite puis à gauche avant de m'avancer enfin dans un rayon. Le magasin était chauffé ce qui me faisait du bien. J'avais presque envie d'y rester jusqu'à la fin de la journée pour profiter de tout ce temps de cette chaleur. Seulement, on me laisserait pas ici, je ne vais pas m'amuser à tester tout les vêtements comme excuse de pouvoir rester ici....

L'idée resta longuement en tête tout en regardant chaque habit qui passait sous mes mains. Je n'aurais à mettre les habits qui ont le plus de chance d'être choisis à la fin au début, comme ça, je suis sur de l'avoir si on me demande de partir. L'idée de base s'est transformée pour devenir réelle. Et comme penser avant, je me met à viser les tenues les plus importantes en premier lieu. Je choisis tout de même quelques tenus du rayon où j'étais avant de me diriger directement vers celui qui m'intéresse.
Ce que je cherche, ce que je désire depuis un peu plus d'une semaine se trouvait être un simple manteau. Simple certes mais indispensable pour survivre à ce froid. Vous vous demandez peut-être comment j'ai fais pour survivre jusqu'à maintenant alors ? Et bien, à vrai dire, j'en avais un mais il fut détruit y'a pas longtemps dans l'ancienne ville. Alors bon, maintenant, j'en avais besoin d'un nouveau le plus rapidement possible. Je l’achèterais aujourd'hui même si je dois prendre un manteau qui ne me plait aucunement.

Fouillant, cherchant, testant, voilà ce que j'ai fais pendant environ deux heures. J'avais déjà trouvé un manteau qui me plaisait bien, c'était le meilleur dans tout ce que j'ai testé. J'espérais juste qu'il me protégerait convenablement du froid car je n'avais pu le tester pour ça. En tout cas, il semblait très chaud, assez jolie et pas trop cher. Enfin, en tout cas, j'avais l'argent pour me le payer. D'autres vêtements me plaisaient vraiment mais je n'avais vraiment pas les moyens. Alors au bout d'un moment, une vendeuse vient à ma rencontre, me demandant si j'en avais encore pour longtemps. Elle m'informait que le magasin allait bientôt fermer.
Finalement, j'avais tout de même réussis à rester au chaud autant de temps. Ne voulant pas profiter plus longtemps de cette chaleur si gentiment offert par eux, je me dirigeais vers la caisse, payant le manteau en demandant si on pouvait déjà enlevé l'étiquette car je voulais le porter de suite. Ce fut fait sans me poser de questions. A mon avis, le plus important pour eux, c'est de vendre même si c'est à une rebelle. Ce qui m'arrange bien d'ailleurs.

Maintenant que j'avais obtenus ce que je voulais, que le froid ne me faisait plus aussi mal, je devais penser à ce que je voulais faire pour finir ma journée. Un long moment, j'ai pensé profiter d'un endroit pour être encore un peu au chaud sans devoir utiliser mon manteau. Malheureusement, je ne voyais pas comment je pourrais faire. Alors en attendant d'avoir une solution convenable, je marchais dans la rue avec un air absent, ailleurs, perdu dans mes pensées.
Toutes les rues se ressemblaient à mes yeux, aucune ne semblait plus intéressante qu'une autre. Tout ce qu'il proposait me plairait bien mais c'était bien trop chère pour moi. Ce n'était pas la peine de me donner des envies, car en sachant que je ne pourrais les acquérir, la tristesse se serait emparé de moi. Je préfère vagabonder que de ressentir un tel sentiment m'envahir à nouveau. Relevant la tête, gardant courage et sourire sur mon visage, je finis par m'arrêter devant un bar.

Je m'approche, je regarde l'endroit par la fenêtre. L'endroit n'avait pas un décor de rêves, les odeurs sentaient bien trop le mâle et l'humain. Tout me dégoûtais au fond mais une seule chose m’empêchait vraiment de ne plus être encore là. J'aimerais être à la place de certaines personnes, elles semblaient si bien s'amuser. Une vie avec des proches, qui ne voudrait pas d'une vie pareille ? Tout le monde souhaite l'avoir mais pas tout le monde peut l'avoir. C'est la dur loi de la vie, quand on née hybride, il faut savoir vivre avec le minimum, différent que si tu naissais comme une humaine. Je ne connaissais rien de cette vie, je tenais juste à revivre avec ma famille.
Cette vie que je repense à chaque fois, je ne pourrais plus jamais la revivre. C'est impossible quand on ne fait rien pour s'accrocher à une personne. Et puis, je fuis tout le monde, chaque personne que ce soit une humaine ou une hybride. Je ne peux plus faire confiance, d'une part car les humains sont des êtres malveillant, et d'autres part, si je m'accroche à quelqu'un, j'aurais trop peur de la perdre. Ce sentiment qui m'habiterait à chaque instant serait terrible, il provoquerait presque ma mort de ce que j'étais.

Après un long moment de réflexion, je tourne la tête car je venais d'entendre du bruit derrière moi et qu'il fut soudainement stoppé. Si y'avait eu un arrêt d'autobus, je me serais pas inquiété mais ce n'était pas le cas. Alors pourquoi les pas se sont arrêtés si subitement. Et le plus étrange, c'est qu'il se soit arrêté juste derrière moi. C'était l'incompréhension totale dans ma tête. Est-ce qu'on peut vraiment comprendre une fille du diable ? Car oui, il se trouvait que ce soit une fille humaine, la personne qui s'est arrêté subitement.
Je fixais sans cesse mon regard vers elle, l'observant un peu plus en détail. Elle portait une robe et des ballerines, tout deux de couleur noir. Une tenue simple mais à la fois chic d'un teint sombre tout de même. Il semblerait qu'elle avait rendez-vous avec une personne qu'elle aimait bien pour être autant en beauté. Car oui, je devais bien l'affirmer, elle était sublime, magnifique avec sa chevelure dorée qui s'auto coiffé avec le vent froid. Quand à sa robe, elle était courte, donnant l'idée qu'elle voulait séduire quelqu'un à moins qu'elle pensait que le temps était resté agréable alors qu'il devenait de plus en plus froid.

Maintenant que j'étais rassuré qu'il s'agissait d'une simple femme humaine, je me retourne à nouveau pour regarder les lieux. Je mets mes mains dans les poches de mon nouveau manteau marron. La couleur noir, je ne l'aimais pas, et blanc, c'est bien trop salissant, le mélange était parfait. Dommage qu'il ne va tout de même pas très bien avec la robe blanche légère que je porte en dessous. Niveau chaussure, ce sont de simple chaussure fait main, il y a longtemps maintenant, cela se voit tant elles étaient abîmés.
Soupirant rien que de penser que j'ai l'air d'une clocharde. Je voudrais tant être belle, bien habillé avec des tenus qui vont bien ensemble. Mais pour ça, il faudrait être riche, hors ce n'est aucunement le cas en ce moment même. Je suis déjà fière de moi d'avoir obtenu ce petit manteau mais j'aimerais bien en avoir un peu plus maintenant. J'aimerais être comme tout le monde, j'aimerais faire ce que j'ai envie de faire. Et en ce moment-même, je désire un chocolat chaud même si pour cela, je dois à nouveau affronter ma peur des humains.

Me tournant d'une manière brutale et inattendu, je regarde la jeune fille qui restait toujours planté là devant moi.


    - Bonsoir mademoiselle...


Murmurais-je finalement, il fallait rester polie en tout point même si l'idée me répugnait au plus haut point. Je la fixais, ne comprenant vraiment pas pourquoi elle restait bloqué là, devant moi comme si j'étais un fantôme ou même une personne maléfique qui lui veut du mal. L'idée ne me déplaisait pas mais tout de même, je n'avais pas l'intention de commaitre un meurtre devant tant de monde qui passait. Soupirant légèrement, je penche la tête en la fixant.

    - Il y a un problème ? Vous n'arrêtez pas de me regarder d'une manière étrange. Je suis si laide que ça ? Ou alors, la personne que vous voulez séduire se trouve à l'intérieur et il ne me regarde que moi ?


Avec un sourire charmeur, je la dévisageais comme elle me dévisageais depuis toute à l'heure. Bon certes, je savais bien que je n'étais aucunement à mon avantage mais soit, c'est la réaction qui me plaît le plus. Devant elle, je me mets à faire quelques poses qui pourrait être sexy si j'avais une meilleure tenue. Mouillant les doigts d'une main, je m'amuse à me recoiffer les cheveux tout en la fixant droit dans les yeux. Me demandant comment elle allait réagir à cette petite provocation.
Finalement, l'idée du chocolat chaud fut évanouie sous ma façon de réagir. Mais être toute gentille et totalement polie devant une femme qui me regarde d'une manière glaciale. Enfin, je me fais peut-être des idées car il se trouve que ce soit une humaine. Mais au fond, j'ai vraiment l'impression qu'elle me déteste alors que je n'avais encore rien fait à son encontre. Maintenant, elle avait un peu une raison de m'en vouloir. Il se pourrait que la soirée se termine d'une façon que je n'aurais peut-être jamais imaginé jusqu'à maintenant.



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MessageSujet: Re: Une photo... (Terminé)   Mar 24 Jan - 18:03

<< Car elles étaient unies par un fil qui ne pouvait exister qu'entre deux individus de leurs espèces, deux individus qui avaient reconnu leur solitude dans celle de l'autre. >>
--Paolo Giordano--


Parfois, je me demande ce que je serais s'il ne s'était pas trouvé sur mon chemin. Serais-je la même si je n'avais pas rencontré tous ces visages, si je n'avais pas reçu tous ses sourires, si je n'avais pas entendu toutes ces voix, si je n'avais pas croisé tous ces yeux ? Il y a ces gens qui débarquent, qu'on aime, puis qui finissent par partir. Il y a ceux qui sont là depuis toujours et sans doute, on le sait au fond de nous, pour toujours comme Anthony. Il y a ceux qui se ramènent et emménagent pour un temps très long, pour notre plus grand bonheur. Il y a ceux à qui on s'attache mais qui finalement nous font trop de mal, mais qu'on ne veut pourtant pas laisser partir. Il y a ceux qui ont été là pour nous, qu'on a perdu, qui ne sont plus essentiels mais qu'on oublie pas pour autant. Et puis un jour, on rencontre les essentiels, ceux qui nous donnent des crampes au ventre, parce que l'idée de s'éloigner d'eux un jour fait beaucoup trop mal. Mais, j'ai compris que les gens sont comme des chansons. Il y a celles qui passent à la radio, qui nous frappent, mais dont on ne connait par le titre. D'autres qu'on prend pour mettre sur notre Ipod, mais après quelques temps on ne les écoute plus. Il y en a d'autres qu'on oublie, puis qu'on finit par réécouter en se rendant compte qu'elles nous fascinent toujours autant. Et d'autres, qui sont comme la bande originale de notre vie. Mais,... cette bête qui se tenait devant moi... Je ne pouvais pas dire qu'elle était comme une chanson, même celle qui faisait que passer à la radio à laquel je ne connais pas le titre. Non... c'était une esclave, une moins que rien, une tueuse. Cette petite brume qui m'habitait depuis mon réveille se dissipa totalement et, tout comme le poids d'une vie, mes épaules tombèrent légèrement. La douleur ayant reprit, et ce en maître sa place. Il y aura toujours des périodes difficiles, avais-je pensée plutôt. Sauf que, même quand on a l'impression que la vie ne fait que constamment nous tomber dessus un peu trop fort, il faut nous-mêmes fournir les efforts pour être heureuse et ne pas se perdre dans ce tourbillon d'emmerdes du quotidien. Elle m'ignorait... M'offrant ainsi l'insulte que je détestais la plus... Je serrais les points, luttant contre moi-même pour ne pas faire les quelques pas qui nous séparaient encore. L'envie cependant ne manquait pas et elle était si forte que malgré tout mes efforts, je finis par céder et fis un pas en avant. C'est à se moment qu'elle choisie pour se tourner une nouvelle fois vers moi. Ses yeux de félin m'observaient avec une incroyable attention. Les idées me passaient par la tête, mais je les rejetais comme si elle pouvait lire en moi. Mes points se serrèrent d'avantage, mes ongles commençant à marquer la peau qui recouvraient la paume de mes mains. L'auto-censure est le suicide des mots pourtant.... Pourquoi avais-je peur de pensés? S’autocensurer, c'est condamner ses propres pensées au génocide, à l'holocauste, les envoyer directement dans la chambre à gaz ou les diriger nous-même au bûcher afin de n'en laisser que des poussières. S'autocensurer ou s'auto-étouffer, c'est être le bourreau de nos propres pensées, de nos propres mots, de notre propre créativité et par conséquent.... de nous-même.

Depuis que je suis au monde je pense et j'écris sur chaque parcelle de papier à la maison et chaque parcelle de ma tête, question d'évacuer, de partager, de me défouler. Et toutes ces autres raisons qui peuvent pousser une gamine à écrire, quoi. Faut dire que j'ai toujours été un peu trop exhibitionniste, de ce côté-là, comme si j'avais toujours pris un malin plaisir à me vomir le cœur et à l'étendre partout chez moi. On pourrait mettre ça sur le dos de la (pré-)adolescence, mais, même des années plus tard, ce manque de pudeur ne m'a toujours pas quittée. Certaine femmes errent sur les trottoirs pour offrir leur corps, alors que moi, j'erre sur les pages et dans ma tête affin de m'offrir et d'offrir à qui veut bien, mes vomissures sentimentales et mes crises identitaires. Même si à quelque part, j'ai déjà offert mon corps au plus offrant, ce qui fait que je suis l'une comme l'autre au final. À force de faire ma putain des mots, à force de donner à tous l'accès à mes écrits, j'ai fini par me condamner moi-même et donc, de ce fait, me voir obligée de m'auto-censurer, non seulement pour me protéger moi-même, mais pour épargner mes proches également. En sachant que mes amis les plus proches me lisent en plus de ma sœur et de mon père qui lui me lisait. J'ai fini par avoir peur de dévoiler ce qui me rongeait réellement. Il y a certaines choses qu'il est préférable de garder pour soit et, avoir ainsi pour lecteurs les gens qui m'étaient les plus proches m'empêchait d'écrire quoi que ce soit à leur sujet, alors qu'ils constituaient la plus grande partie de mon quotidien. Ce qui est certain, toutefois, c'est que c'en est fini de l'auto-censure. C'en est fini de ce suicide en slow-motion de mes mots et pensées qui étouffent et crèvent quelque part dans le fond de ma tête. Elle ne peut de toute façon, lire dans mes pensées. Sa voie et ses mots me troublèrent, déjà qu'elle m'ignorait et voilà que maintenant elle m'offrait une marque de respect. Mademoiselle? Elle était étrange... En fait, c'est une Neko, voilà la réponse. Je respirais rapidement, mes poids toujours aussi solide, prêt à tout moment pour mettre cette ''bête'' K.O. Malheureusement, l'expression qu'elle avait s’adoucit et j'entendis sa voie de nouveau. N' eu-je pas le temps de répondre qu'elle commençait à se mouvoir avec une délicatesse étonnante. Se mettait-elle en valeur? Si... Elle agissait ainsi. Il y aura toujours certaines petites choses qui nous feront oublier, ne serait-ce que momentanément les moments difficiles, qui nous rendrons heureux. J'y travaille un peu plus chaque jour. J'essaie d'être une fabricante de mon propre bonheur. Mais, il y a des jours comme aujourd'hui ou seule, je n'y arrive pas... Alors, à deux peut-être que j'y arriverais... Mais... à deux... Pourquoi ne pas prendre une humaine? Oui... Une humaine serait nettement mieux et je n'aurais pas cette irrépressible envie de la tuer...

-Tu demande combien de l'heure?

Non... Pas elle, pourquoi avais-je dit cela? Pour avoir son corps? Pour la tuer? Je la détestais, elle était une absurdités comme les autres.
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MessageSujet: Re: Une photo... (Terminé)   Sam 18 Fév - 17:04

Alors là, c'est une soirée totalement imprévu. Je pensais rester un petit moment devant le bar pour ensuite retourner là où j'allais dormir pour la nuit. Et puis finalement, ce fut tout autrement. Son regard meurtrier d'avant m'avait glacé et surtout confirmé mon opinion sur les êtres nés du diable. Elle en faisait partis, cela ne m'étonnerais même pas d'apprendre que ce serait la fille même du diable. Je ne comprenais pas son regard, qu'est-ce qu'elle me voulait finalement ? Me faire du mal ? Me tuer ? Qu'en savais-je ? La seule chose que j'avais en main pour attirer son attention et changer de sujet, ce fut le bar à coté de nous.
J'avais une chance sur mille d'avoir vu juste à son sujet. Quelqu'un devait surement l'attendre dans ce bar, sinon, elle ne se serait pas rester planté la. C'est surement parce que je me trouvais près de l'entrée que celle-ci n'est pas entré dans le bâtiment. On aurait dit que j'étais porteuse d'une maladie grave et contagieuse. Me toucher, ce serait la mort assuré. Hors, c'est vraiment loin d'être le cas. J'aurais même envie de dire que ce serait plutôt elle qu'il l'avait. Surement la rage, pour avoir ce regard...
J'espérais de tout cœur que ma question allait calmer son regard, que le danger ressentit se serait atténué, ce n'était pas vraiment gagné. Alors, que devais-je faire ? Pourquoi devrais-je faire quelques choses d'ailleurs ? Si j'étais dans son chemin, il lui suffit de me le dire et je me serais écarté. Et la, la seule chose qui me restais à faire était de la regarder, d'essayer d'y lire quelques choses, un indice important sur ce qu'elle voulait de moi au final. Je ne suis pas son jouet, pourquoi je m'en tracassais. Si sa présence ne me plait pas, je n'ai qu'à m'en aller un peu plus loin.

Toujours dans mon état de séductrice, jouant sur le fait que je me trouvais belle, même si en ce moment, ma tenue en démontrait le contraire. Je suivais mon instinct qui me disait que c'était la bonne tactique de jeu pour cette personne là. Elle était bien habillé, comparé à moi, d'une manière très chic. Je ne doutais même pas qu'elle devait être quelqu'un de riche. Je soupire intérieurement en me disant que j'aurais bien aimé avoir une belle robe aussi. J'aimerais être à nouveau bien habillé, ne pas être toujours sur mes gardes pour ne pas me faire capturer. La vie au village semblait si bien, la dernière chance d'obtenir cette vie calme, c'est d'appartenir à quelqu'un. On ne peut pas dire que l'idée me réjouisse beaucoup. Autant s'habituer a cette vie là, cette vie de rebelle. Car la liberté était bien plus importante qu'une vie calme.
Gardant mon calme pendant son interminable silence, du moins, j'essayais. Car son silence commençait à me tuer, que faisait-elle ? Se battait-elle dans sa tête pour savoir comment réagir ? Si c'était ça, je pouvais toujours attendre moi. C'est que je n'avais pas que ça à faire quoi, enfin si mais elle n'en sait rien. Et quand sa bouche se mit à enfin sortir du son, mon visage exprimait un choc. J'en avais perdu mes mots, et aucun son ne sortait encore de mes lèvres.

* QUOIIIIIII ? *

Voilà ce que voulait exprimer ma bouche mais rien ne voulait sortir. Et pourtant, elle sait bien que je suis pas muette. Franchement, le tact, elle ne connaissait pas. D'abord, elle ne dit même pas bonjour, et maintenant, elle va direct au but : coucher avec moi. D'un coup, je soupire un bon coup, me remettant doucement du choc. A vrai dire, je ne m'attendais simplement pas à ce qu'elle sorte directement ce genre de phrase.
Recoiffant doucement mes cheveux, reprenant un air de séductrice, comme toute à l'heure, je faisais en sorte que le moment de surprise ne soit jamais passé sur mon visage. C'est pas une fuite, c'est un effacement d'une émotion totalement inutile.

    - Hummm. Tout en tapotant mes lèvres, comme si je réfléchissais à un montant. Je ne suis pas une prostituée, ni même à acheter.


Répondais-je au tac au tac. Puis, le sourire aux lèvres, je m'approche à nouveau d'elle. Si elle voulait mon corps, cela voulait dire que je ne la révulsais finalement plus ? Mais ce regard de tueur, que voulait-il dire ? Essayez-t-elle de vouloir m’emmener chez elle pour me tuer après avoir fait mumuse avec mon corps ? Était-elle vraiment dangereuse ou pas ? Je ne savais plus sur quel pied danser.
Ce jeu tourne dans un domaine qui m'est inconnu. Certes, je pense avoir bien compris ce qu'elle voulait, en tout cas, je l'espérais sinon, j'aurais bien l'air idiote. Mais ce domaine, je le concevais possible qu'entre un homme et une femme. Je n'avais d'ailleurs fait cela qu'avec un homme, mon meilleur ami. A cause d'un film qu'on avait vu en plein air, on a voulu essayer car il paraît que cela faisait du bien, autant moralement que physiquement.
Comme si j'allais offrir mon corps au premier venu. Certes, je ne dis pas que je suis pas en manque, cependant, je sais me contrôler. Et je ne voyais pas pourquoi je lui offrirais à elle, alors qu'elle avait un regard qui me voulait du mal. Non, c'était hors de question que je m'abaisse pour quoi que ce soit. Elle n'obtiendrait rien de moi, pas tant que j'aurais le total contrôle de mon esprit.

    - Tu as tant que ça envie de moi. Murmurais-je à son oreille avec une voix suave.


Oui, je continue à la draguer dans un sens, alors que je veux éviter cette situation. Mais celle-ci peut très bien se modifier non ? Allons bon, essayons de trouver une entente sur un point qui pourrait nous plaire à tout deux. Délicatement, je me mets à passer une main sur son bras nue, remontant doucement vers son cou pour finalement enlever la main et m'éloigner d'un pas d'elle pour la fixer droit dans les yeux.
Maintenant, je voulais une réponse.


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MessageSujet: Re: Une photo... (Terminé)   Mer 14 Mar - 15:01

<< Soyez réalistes et demandez l'impossible. >>
--Ernesto ''Che'' Guevara--

En quelques secondes, les choses tournaient en faveur d'aucune d'entre nous. Autant, elle avait pu me séduire que désormais, elle me répugnait. Pas de ses gestes ou de ses dires, elle n'avait rien dit. Simplement, c'était une Neko. Lentement, le bras de celle-ci se portait a ses lèvres et les doigts de l'esclave touchèrent sa bouche. Un mouvement qui aurait pu être perçu comme aguicheur, mais qui ne l'était aucunement. Pourquoi tout se spectacle et toute cette mascarade si elle ne voulait pas louer ses services? Mais, pourquoi accepté et d'ailleurs, pourquoi demandé de tels services? Probablement parce que j'ai l'automne précoce... Chaque année, j'attends évidement ma saison préférée avec impatience. J'ai hâte de me débarrasser de mes vêtements d'été. Hâte d'enfiler des vestes de laine quand je sors, hâte de porter des bottes et de nouer un foulard autour de mon cou. L'automne est probablement la seule saison que j'aime vraiment. Bien, qu'à chaque année j'aie hâte à l'été. Une fois qu'on y est, je suis constamment en train de me plaindre de la chaleur, à trouver les vacances trop longues. L'hiver, je l'aime seulement avant qu'il ne commence... Car dès que j'y suis rendue, je le déteste à mourir. L'automne, je n'ai rien à y reprocher. J'ai hâte de fouler les feuilles au sol en marchant, j'ai hâte que les arbres deviennent multicolores. À l'automne, la température ambiante se refroidit - vient inévitablement avec l'envie de se réchauffer... De se coller. C'est le moment où les filles peuvent faire exprès de plaindre qu'elles ont froid pour que les garçons/filles leur prête leur veste, où elles peuvent savourer quelques instants l'odeur de l'autre grâce à ce morceau de vêtement emprunté. C'est le moment où les garçons/filles profitent de l'occasion pour se rapprocher des filles et passer leur bras autour de leurs épaules, "juste pour être sûr qu'elles n'attrapent pas froid". C'est le moment où les mains et doigts glacés se cherchent mutuellement pour se réchauffer. C'est le moment où les nuits se refroidissent et où l'on souhaiterait davantage avoir quelqu'un à nos côtés pour les rendre moins glaciales. C'est le moment où l'on ressent tous davantage le besoin de chaleur... humaine. Au fond, l'automne, c'est une saison "à deux"... Il y a un an, en même temps qu'arrivait l'automne arrivait aussi mon retour sur terre, mon retour à la solitude et aux nuits glaciales. La perspective de devoir affronter le froid toute seule ne m'emballait pas particulièrement... Pour être honnête, je doutais même en être capable. J'avais partagé l'hiver précédent avec quelqu'un, celui-la même qui avait partager tous mes hivers et je craignais ne plus être capable d'en traverser un toute seule. Mais bon, je n'en ai pas trop eu le choix. Et j'ai survécu, comme un grande fille indépendante. C'est, du moins, ce dont j'ai essayé de me convaincre... Dieu sait comment, j'ai réussi, contre toute attente, à survivre à cette année entière de solitude. Un an à chercher sans trouver ; un an de faux espoirs et de retours à la réalité. Un an de descentes et de remontées.

Aujourd'hui, j'arrive à me complaire dans mon indépendance, dans mon non-besoin de qui que ce soit pour survivre. N'empêche que... Les nuits sont quand même toujours longues et les journées aussi... Le temps est tellement long, tellement lourd. Récemment, il m'a complètement écrasée, étouffée. Le temps m'a paru interminable, et pourtant, l'été semble m'être glissé à travers les doigts. C'est vrai que le temps semble péniblement long quand on ne fait qu'attendre constamment. J'ai l'impression d'avoir passé l'été à attendre... À attendre après quelque chose qui ne viendrait jamais, oui. Pardonnez-moi, car j'ai péché. Ces dernières semaines, j'ai complètement lâché prise. Ou, plutôt, j'ai presque complètement lâché prise. Et c'est la raison de mon silence depuis quelques temps. Cette fois parler, c'est tout simplement impossible. C'est un mal de vivre trop grand pour que j'arrive à mettre des mots dessus. Un mal de vivre trop grand pour que j'aie le courage d'en parler à qui que ce soit. Sauf que ce soir, c'est différent, j'offre cette confession que la Neko est en guise d'explication je crois. Oui, explication, car je crois en devoir à mes proches et moins proches, quant à mon attitude de la dernière année. Je n'essaie pas d'excuser quoi que ce soit, seulement d'expliquer un peu. Et parce que j'ai besoin d'en parler, aussi. Je crois. J'ai passé des journées entières, récemment, étendue dans mon lit, emmitouflée dans mes couvertures, à ne pas vouloir en sortir pour la simple et bonne raison que... Eh bien, je ne trouvais plus la moindre raison valable de me lever. J'avais le sentiment étouffant que chaque journée était la même et ne me menait nul part, que rien, dans ma journée, n'aurait valu la peine que je sorte de cette prison qu'était devenue mon lit. Dormir : c'était le seul échappatoire, le seul apaisement que j'avais réussi à trouver. J'avais l'impression d'être prisonnière d'un mal de vivre qui me prenait à la gorge de plus en plus à tous les jours... Et le pire, dans tout ça, c'est que je n'arrivais pas à en trouver une raison précise. J'ai beau y réfléchir, j'ignore exactement ce qui m'a subitement jetée dans cet abîme d'apitoiement sur mon propre sort. Mon père, oui, mais il n'a jamais quitter ma tête. La solitude, je suppose. Le fait de passer mes journées, soirées, et nuits toute seule. Le fait que pratiquement tout le monde, ou presque, m'ait abandonnée dans une période où j'en aurais eu le plus de besoin... Ou, en tout cas, c'est le sentiment que j'ai eu. Et que j'ai encore, dois-je avouer. J'ai encore ce sentiment de n'avoir plus personne autour de moi sur qui je puisse vraiment compter, ou presque. Inutile de le nier : mon univers est tombé en ruines du jour au lendemain. Encore une fois, c'était comme si le ciel me tombait sur la tête. À chaque jour, je me réveillais avec l'impression maladive d'attendre après quelque chose qui ne viendrait jamais. J'avais hâte de me rendormir à nouveau, en me disant que, lorsque l'on dort, le temps passe plus vite. Oui, j'espérais que le temps passe plus vite... Mais pourquoi, au fond ? Je n'attendais aucun évènement, aucune libération, rien en particulier. Sauf peut-être une guérison miraculeuse de mon mal, qui sait... Et la guérison miraculeuse de mon mal... C'était elle. La ravissante Neko. Je ne savais pas pourquoi, mais j'avais cette impression.

J'ai fait une rechute. D'un coup, sans raison précise, c'était comme si j'avais perdu toute l'assurance, toute la confiance en moi que j'essaie de me bâtir de peine et de misère depuis des années. Subitement, j'ai recommencé à être mal dans ma peau. À maudire l'image que me reflétait le miroir. À envier l'apparence de toutes les filles que je croisais lorsque je sortais, si bien que j'avais presque peur de mettre le pied dehors, ou de regarder la télévision, craignant de voir, encore une fois, toutes ces filles plus belles que moi à qui j'aurais donc voulu ressembler... C'est idiot, je sais, mais Dieu sait combien j'ai toujours été une fille complexée qui manquait d'estime d'elle-même sur tout. Et, malheureusement, je crois que c'est quelque chose qui ne me quittera jamais vraiment. Ç'a été une période particulièrement creuse, très difficile à exprimer en mots, mais à ceux à qui ça importe... Si rare sont-il, je n'ai rien dit. Ne trouvant aucun mots pour le leur dire. Mais, je vais mieux. Par je ne sais quel miracle, ce genre de mal disparaît comme il vient, bref, sans que l'on ne s'y attende. Au fond, je suis peut-être névrosée, ou quelque chose du genre... Mais ça nous arrive à tous d'avoir des mauvaises passes. L'important, c'est d'en guérir. Mais, pour ce faire, il faut se permettre de guérir. Personne ne peut vraiment le faire à notre place, même si, sur le coup, on croit toujours le contraire. Donc, je relève la tête. Je sais que ça ira encore mieux demain et si ce n'est pas demain, eh bien, ce sera après-demain, ce n'est pas si grave. J'ai hâte à la vie pour de vrai. Et je crois que le premier pas pour y arrivé, sera d'être capable d'approcher une Neko. Et moi, la pauvre j'avais penser à cela que déjà la Neko était qu'à quelques centimètre de moi. Son corps presque contre le mien, nos poitrine se touchant alors que sur la pointe des pieds elle murmurait à mon oreille délicatement << Tu as tant que ça envie de moi? >>. Je reculais d'un pas, portant une mains sur mon cœur qui battait drôlement rapidement. La main de la Neko glissait sur la peau de mon bras et remontait jusqu'à mon cou. À se moment, je l'aurais manger toute cru. Une choses était certaine, elle savait s'y prendre et cela prouvait que je n'avais pas affaire à une débutante. J'avais moi-même fait se travail... La fille au escarpin rouge... Rouge putain...

-Oui... Avais-je murmuré. C'était la réponse a la question qu'elle m'avait posée.

Mon bras redescendit le long de mon corps et je fis un pas vers elle, revenant aussi proche d'elle que nous l'étions un peux plus tôt.

-J'offre mille euro pour la nuit et je te paye ce que tu veux au bar ou j'allais rejoindre des amis.

A se prix là, elle n'était pas une simple putain de bas étages, mais une escorte de luxe. Même, il aurait fallu que j'augmente le prix, à mille deux-cent euro, mais je payais le bar ou une boisson chaude. Ce qui pouvait très rapidement compenser. La règle principal étant que, je ne pouvais pas la toucher, tant qu'elle n'acceptait pas... L'envie de la battre se mêlait à l'envie de la posséder et pour une première fois depuis un ans... J'en demandes beaucoup à ma tête. Déraper. Ça arrive à tout le monde, pas vrai ? Ne plus voir le bout du chemin, avancer sans même savoir où l'on met les pieds, vers où l'on se dirige et comment on s'y rend. J'ai toujours peur d'avoir des grenades sous les pieds. Peur de finir par craquer, par exploser. Peur de finir par y laisser ma peau, à force de ne plus savoir comment marcher et avancer comme il le faut. J'ai le sentiment de vivre en guerre constamment. Le nid familial s'est changé en champ de mines. J'ai peur de mettre un pied devant l'autre, peur que tout m'explose à la figure d'un moment à l'autre. Peur d'y crever si je n'apprends pas à tenir mon arme comme il se doit. J'ai toujours dit que j'étais une combattante, mais... Je suis fatiguée de me battre. Je rêve de partir, de m'enfuir pour de bon. Quitter le nid familial sans même savoir voler, quitte à sauter sous risques de m'écraser au sol. J'aurais au moins ressenti ce que c'est que d'être libre durant ma chute, d'aussi courte durée pourrait-elle être. On me dit que de partir à cet instant de ma vie, m'évader dès maintenant, serait comme me tirer une balle dans le pied. Et c'est sûrement très véridique, je n'en doute pas un instant. Mais ne vaut-il pas mieux avancer et boiter de son pied estropié, plutôt que de rester sur place et de me faire enfoncer à même le sol jusqu'à m'y noyer ? De toute façon, j'ai déjà tant de grenades sous les pieds.


Déraper. Ça arrive à tout le monde, pas vrai ? Est-ce que je dérape en voulant faire un rapprochement avec.... une Neko? Je reste réaliste... Je demande l'impossible...
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MessageSujet: Re: Une photo... (Terminé)   Jeu 5 Avr - 15:12

Allais-je finir par réussir à changer le destin de cette soirée ? C’est la seule chose qui compté vraiment à mes yeux. Je ne tenais pas à découvrir ce qu’on pouvait faire entre femmes dans un lit. Vraiment, au fond de moi, ce n’est pas ce que je souhaitais. Offrir mon corps à un être malveillant dès la première rencontre, c’est impossible, c’est une idée horrible. Si cela se faisait réellement, je ne m’en remettrais jamais. Je ne pouvais m’offrir qu’à des gens de confiance, qu’à des hybrides. Et surtout, il ne fallait pas oublier le risque important : celle d’être privé de sa liberté en vous enfermant dans la maison à clé, en vous menottant au lit…
Mon corps frissonnait rien qu’à y penser. Il ne frissonnait pas de plaisir mais bien de peur. L’image que je venais d’avoir dans mon esprit était terrifiant. Il allait tellement à l’encontre de ce que je voulais. L’angoisse me prenait, je n’avais envie que d’une chose actuellement : celle de fuir. Je voulais fuir, je ne sais pourquoi mais l’angoisse avait pris plus de place que l’envie de jouer. Certes, je ne m’étais encore jamais faite prendre par un humain, ni une humaine, et encore moins par des chasseurs. Et ce soir, qu’allait-il arriver si je continuais à jouer dans ce jeu dangereux ? Quelle conséquence allait s’abattre sur moi à la fin ? Comment allait finir ce jeu en fin de compte ?

Il ne fallait pas que je lâche prise, je devais me tenir au jeu que j’avais moi-même installé entre nous. Et puis, en fin de compte, je lui avais clairement spécifié que cela ne m’intéressé pas. Donc tout ce que j’avais pu penser, n’arriverait certainement pas. Du moins, j’essayais de m’en convaincre. On ne peut pas dire que cela marche du tonnerre. L’image persistait à être présente et mes réactions n’aidant en rien à stopper la tournure de la soirée. Malgré la peur qui était présente en moi, je continuais à l’aguicher comme si, au final, j’attendais seulement qu’elle me saute dessus pour qu’elle viole mon corps. C’était pathétique, j’aimais tellement jouer avec le feu.
C’est ainsi, que la peur fut terrassée par le jeu à nouveau. Celui-ci reprenant sa place sur le trône.
Il y avait une chose que je ne comprenais pas. Pourquoi me vouloir moi ? N’avait-elle pas d’hybride chez elle à violer autant qu’elle le voulait ? Etait-elle tout aussi seule que moi ? Oui la solitude me pesait. Je voulais pouvoir à nouveau parler sincèrement avec quelqu’un, je voulais pouvoir faire confiance à nouveau, je voulais aimer une nouvelle personne, je voulais être importante, je voulais qu’on s’inquiète pour moi. Cela faisait si longtemps que je jouais avec le feu, avec chaque personne que je rencontrais. Ma vie valait quel prix ? A mes yeux, elle avait perdu toute sa richesse depuis que j’étais devenu seule, depuis que je n’étais qu’une hybride rebelle vagabondant dans les rues. Avant, je valais bien mieux. Et jamais, je ne pourrais retrouver cette même richesse. Une autre ? C’était la seule option, encore faut-il que le destin soit clément envers ma personne.

A cet instant, je la regardais droit dans les yeux. Parce que j’attendais une réponse de sa part. Une réponse importante qui ne me choquerait pas car je m’attendais déjà à ce qu’elle allait dire au vu de sa demande précédente. Elle me voulait, elle voulait tant mon corps qu’elle ne pouvait répondre que positivement au fait que j’étais bien attirante à ses yeux. Bien que de mon coté, c’était bien elle qui se trouvait être la plus belle. Aucun moyen de me contredire, elle avait l’argent pour choisir ce qu’elle voulait, des tonnes de tenues rien que pour elle. Moi, j’en avais qu’une, et je venais tout juste d’acquérir mon premier manteau le plus dignement possible. Mais celui-ci ne s’accordait vraiment pas avec la robe légère que je portais.
Je n’avais pas bien fait attention au si peu de distance entre nous. Du moins, jusqu’à ce qu’elle se mette à reculer d’un pas. Celle-ci posa une main à l’endroit où se trouve normalement son cœur. C’était une réaction étrange, j’avais presque l’impression qu’elle venait d’avoir le coup de foudre pour ma personne. Alors qu’à nos premiers regards, je me souviendrais toujours de son regard tueur qui me fixais sans cesse. Soit son cœur disait « C’est elle, c’est la personne que tu cherches », soit, il disait tout le contraire « Vas y, fais lui endurer ce que tu as du endurer par sa faute. ». Les deux pensées ne me plaisaient guères mais quitte à choisir, je préfère vachement celle qui est douce.
Ce soir, j’avais envie de douceur, je n’avais pas envie de me battre, ni d’être violente. Alors oui, j’espérais que sa bonne conscience allait prendre le dessus sur la méchante jusqu’à la fin de la soirée. Mais ce que j’aurais bien aimé comprendre, c’est la raison de son changement de comportement à mon égard. Je n’avais rien fais de mon coté pour calmer son animosité. A moins que … Serait-il possible que le fait d’avoir joué la séductrice lui ai coupé tout envie de me tuer pour la transformé en femme qui cherche l’amour ? Si c’était ça, j’ai bien peur de l’utiliser plus souvent sur elle si je devais un jour la recroiser. Et surtout, j’arriverais peut-être à me défaire de toute situation gênante en changeant ma façon de jouer.
Oui, la peur était définitivement plus là, il était partis, car la confiance était bien plus présente.

Parce que le jeu était loin d’être terminé, parce qu’il fallait que je continue dans le même sens, je finis par sourire en entendant enfin sa réponse que je connaissais déjà. Cette réponse avait été dite dans un murmure, mais il venait du cœur. Oui, je l’avais attiré dans mes filets, oui, elle était à ma botte. J’avais presque l’impression d’être supérieur à elle, d’être la maitresse et qu’elle était l’esclave. Appréciant assez bien cette situation, mon sourire se fit plus grand, plus sensuel encore. Doucement, elle se décontracta en laissant son bras retomber le long de son corps. Par la suite, elle s’approche à nouveau de moi, comme nous l’étions toute à l’heure. Chacun son tour à faire son pas vers l’autre. Cette fois, elle n’avait plus peur d’être si proche de moi, j’étais décontaminé à ses yeux. Mais pour combien de temps ?

Mais pourquoi insistait-elle tant que ça à avoir ma présence près d’elle durant toute une nuit ? Allez savoir pourquoi moi aussi, je souhaite presque la même chose. Bien sur, quitte à choisir, j’aurais préféré que ce soit l’invitation d’un homme, d’un hybride male. Mais on fait avec ce qu’on a. Elle aussi aurait préféré une autre présence au vu de son premier regard. Et pourtant, elle s’était cramponnée à moi et elle restait bien accrochée. Allait savoir ce qui nous arrivait en fin de compte.
Moi qui ne voulais pas de ça, elle avait su trouver les mots pour me faire dire oui. Comment résister à une proposition pareille alors que je le voulais tellement depuis des minutes. Alors que je me sentais si supérieur à elle, à nouveau, j’étais rabaissé. Mais je ne devais rien montrer, je devais faire croire que je n’attendais rien de tout ça, que je faisais cela par pitié pour elle, au fait qu’elle m’ait faite la proposition deux fois. Oui, c’était une excellente idée.

Restant toujours aussi proche d’elle, n’ayant fait aucun pas de recul, je venais délicatement murmurer à son oreille, pour l’atteindre, il a fallut que je me mette sur la pointe des pieds. Je voulais la faire rougir, la gêner un peu plus, la rendre encore plus gentille pour que la méchante conscience ne revienne pas ce soir.

    - Je suis d’accord pour l’invitation au bar. Je fis une légère pause avant de reprendre. Pour la nuit, je suis d’accord pour rester à tes cotés mais ne t’attends à rien d’autre. Dis-je avec un ton si suave malgré tout.


Avec ce ton, j’inspirais le doute en elle. De cette manière, je lui offrais une possibilité que cela change alors qu’au fond, je savais pertinemment que je n’allais pas changer d’avis. Dans ma tête, il était clair qu’il ne se passerait rien d’autre qu’une soirée à parler… En y pensant, cela me semblait ennuyeux, cela me faisait comprendre que ce serait une très longue soirée, puis une très longue nuit. Espérons qu’elle se finisse de manière à avoir de nouveau ma liberté le lendemain. Je n’avais rien dit à ce propos car elle-même n’était pas encore au courant que j’étais bien rebelle, bien qu’elle devait s’en doutait au vu de ma tenue style clocharde.

Après cette réponse, je finis par me décaler d’elle et de poser mon regard sur ce bar qui nous attendait avec impatience maintenant. J’allais obtenir le chocolat chaud que je désirais depuis que je m’étais stoppé devant. Et pas seulement ça d’ailleurs, j’allais aussi pouvoir faire des rencontres avec encore plus d’être malveillants. Car ses amis ne pouvaient être que de la même catégorie qu’elle, n’est ce pas ? J’allais devoir contrôler mon animosité envers eux, le temps d’une seule soirée. Une seule soirée à ne pas être seule à nouveau, c’était une chance à ne pas laisser s’échapper.
Je n’ai pas oublié le prix qu’elle avait dit pour la soirée. Mais du fait que je venais de préciser un peu plus clairement les choses, que ce n’était pas ce qu’elle voulait, je me doutais déjà que je ne recevrais rien. Au fond, je n’ai jamais cru qu’elle me payerais vraiment quelques choses. Depuis quand on payé une hybride si cher pour une seule nuit ? Je n’avais jamais vu ça, de plus, je n’avais rien demandé. De toute façon, je ne me gênerais pas pour demander mon du au moment venu. En attendant, il ne restait qu’une seule chose à faire : entrer dans le bar.

Mais avant cela, pour ne pas qu’elle ait l’air ridicule et que moi j’ai l’air d’une profiteuse, il fallait clarifier une chose entre nous. Car depuis toute à l’heure, je parlais toujours à une inconnue. Vu qu’on allait rejoindre ses amis, il était préférable de s’échanger au moins cette information pour qu’elle puisse me présenter à eux. De ce fait, je me tourne à nouveau vers elle, le regard toujours aussi séductrice.

    - Votre escorte personnelle pour cette soirée et cette nuit se nomme Shalynna. Dis-je en faisant une légère courbette devant elle.


Attention, cela ne voulait pas dire que je me soumettais à elle. Non, tout cela n’était qu’un jeu, et cela continuerais ainsi encore un long moment. Ma vie n’est qu’un jeu en fin de compte, elle le sera jusqu’à ce que je décide que ma vie devienne précieuse.
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MessageSujet: Re: Une photo... (Terminé)   Mar 17 Avr - 11:52

<< Tu sera aimé le jour où tu pourras montrer tes faiblesses
sans que l'autre s'en serve pour augmenter sa force. >>
--Cesare Pavese--


J'ai le mal de mer, les deux pieds sur terre. J'essaie de rester réaliste, j'essaie de ne pas me faire d'idées, en fait, oui, je m'en fais, mais là n'est pas le problème. L'ennui, ce n'est pas de se faire des idées : c'est de se convaincre qu'elles vont se réaliser. Et ce n'est pas mon cas. Certes, je me fais des idées, mais j'ai bel et bien conscience du fait qu'elles ne sont que des idées. Et jamais des réalités. Hélas, comme la marge est mince entre les deux. Et comme il est difficile de s'empêcher de rêver ! Ne dit-on pas que l'espoir fait vivre ? Comment trouver le juste milieu entre le rêve et réalité ? Comment savoir ce que l'on peut se permettre d'imaginer, et ce que l'on devrait s'interdire de fantasmer ? Ma mère avait sans doute raison, au final : Je vis définitivement trop dans mon monde et dans mes rêves, j'essaie constamment de fuir la réalité alors qu'il me faudrait un jour reposer les pieds sur terre. Le problème étant que, c'est sur terre, que j'ai le mal de mer... Peut-être devrais-je prendre l'avion?

-Que peut-il se produire de plus que de dormir? Avait été les mots qui étaient sortie de ma bouche sans que je puise réfléchir quelques secondes aux paroles qu'elle-même avait-dite. Une certaine note de provocation était dans ma voie, ajoutant un côté dominant à l'humaine que j'étais.

J'avais répondu du tac au tac, n'ayant pas penser à ma réponse. À voir son visage et son regard, elle avait été surprise que la dominante est parler. Dominante... Mon côté obscure, en fait, si l'on pouvait dire. Ces temps-ci, je suis étouffée par un sentiment d'évasion. J'aurais envie de décamper, partir vraiment loin. Pas que j'en aie marre de ma vie, que j'en aie assez de mon quotidien, que j'en aie assez des gens qui m'entourent. Non, au contraire, pour une fois, mon quotidien et ma vie présente semble être stable, malgré certaines difficultés,... beaucoup de difficultés. Mais quand même, j'aurais envie de nouveauté, d'un sentiment de dépaysement, d'être quelque part où je n'ai jamais mis les pieds. J'aurais envie de sauter dans un avion avec rien qu'un sac à dos à l'épaule, partir avec un aller-simple sans savoir vraiment où je vais et quand je reviendrai. Être dans un endroit inconnu, entouré de gens qu'on ne connaît pas, quelque part où l'on n'a pas peur de ce que les autres vont penser de nous puisque, justement, pour la plupart il s'agira d'inconnus que l'on ne reverra jamais. Pouvoir être soit-même sans se soucier de l'opinion d'autrui, être seul dans un lieu inconnu pour également apprendre à se redécouvrir un peu aussi. Je rêve de voyager, de visiter le monde. Particulièrement l'Europe, en fait. Non seulement pour le ''trip'' de voyager, pour découvrir d'autres cultures et m'instruire, mais surtout pour voir ce que ça fait que de se retrouver livrée à soit-même en des terres étrangères. J'ai un ami que je connais depuis plus de six ans et avec qui j'ai gardé contact malgré la distance, et depuis deux ans on se dit toujours que, un jour, on partira en moto, juste tous les deux, sans que personne ne sache vraiment où l'on va. On dit toujours ça pour rigoler, mais parfois je me dis que j'aimerais bien que ça se concrétise un jour, même si ça devait se produire dans vingt ans. L'inconnu me fascine. Et il me tarde de le découvre un peu plus. Un jour peux être et puis, je réalise que... Mes émotions passent du tout au tout. Un moment je peux être calme et l'autre, en colère. Je peux ressentir un certain mal de vivre, puis vouloir partir faire le tour du monde tellement je suis en harmonie avec moi-même... Au final, voulais-je simplement sa présence au prêt de moi pour la nuit? Je voulais tout et je voulais rien en même temps.

Elle reculait d'un pas et tourna sa tête vers le bar. Les grandes fenêtres nous donnaient une belle visibilité de l'intérieur. Mais, je ne détaillais pas l'intérieur, mes yeux étaient rivés sur les longs cheveux couleur crème de la Neko qui lui arrivait jusqu'aux hanches. Je disais crème... Mais, j'étais intéressée à dire que les cheveux de la soumise étaient de couleur blanche. Une couleur inhabituelle, mais qui lui allait à merveille, devais-je avoué. Dans l'ensemble, elle était belle. Une femme, une vrai. Le genre de personne qui pouvait très facilement être dangereuse... Mais, j'oubliais presque, elle l'était. Par chance cependant que je ne passerais pas toutes la soirée uniquement avec elle. J'avais Anthony et des amis qui m'attendaient au bar. Je dois avoué que depuis que je suis toute petite, j'ai toujours préféré la compagnie des garçons. Déjà à cinq ans, à mon entrée dans le monde pour de vrai, l'âge auquel commence la vie sociale ; l'entrée à la maternelle, je me tenais principalement avec les petits gars de ma classe. J'avais une ou deux amies filles, mais sans plus. À cinq ans, j'étais dingue de Sonic le Hérisson, et ç'a d'ailleurs longtemps été notre thème de jeu principal, les garçons et moi. Même si ma jeune enfance a été peuplée de tonnes et de tonnes de Barbies. À cinq ans, je préférais de loin jouer aux dinosaures avec les garçons. J'avais une fascination pour les longs-cous, jusqu'à ce que je comprenne que ce rôle ne m'avantageait pas dans nos jeux, alors je finissais toujours par opter pour un autre dinosaure plus agile (je les connaissais tous ou presque), de manière à pouvoir attaquer les garçons, leur sauter dessus et leur faire manger de la terre quand je l'emportais. Je préférais de loin aller chez mon meilleur ami faire des combats de Pokémons où je voulais à tout prix être la meilleure, mon orgueil me forçant déjà à vouloir être plus forte qu'un garçon. Sinon, on se construisait des bateaux immenses en Legos, et alors on s'improvisait pirates barbares à la recherche de trésors. Parfois on jouait aux petites voitures et j'adorais arpenter les pistes miniatures et lorsque mon ami s'est fait offrir une voiture téléguidée, alors là, j'en était dingue de jalousie. Jouer à la poupée, du genre prendre soin de son faux bébé en plastique, ne m'a jamais particulièrement intéressée. Peut-être parce que déjà à l'époque je n'étais pas intéressée à l'idée de prendre soin d'un enfant aussi artificiel pouvait-il être. Pourquoi me serais-je contenté de donner le biberon à un bébé en plastique, alors que j'aurais pu aller jouer aux dinosaures et me bagarrer avec les garçons ? En vieillissant, les choses n'ont pas trop changé et bien que je me sois faite davantage d'amies du même sexe que moi, je préférais quand même la plupart du temps les garçons. Leurs jeux semblaient tellement amusants, et j'étais souvent frustrée à l'idée qu'ils ne veuillent pas m'intégrer avec eux parce que j'étais une fille. Je rageais à l'idée de ne pas pouvoir participer aux tournois de toupies Beyblade, moi aussi. Oui, j'étais une fille, et après ? Ce n'était tout de même pas ma faute ! Déjà gamine les garçons me semblaient tellement plus géniaux, plus amusants. À l'époque, je ne pouvais pas me douter qu'ils allaient éventuellement devenir mon enfer personnel, que du jour au lendemain, j'allais changer.

Ma préférence pour la compagnie des garçons ne m'a apparemment jamais quittée. J'aime bien être en compagnie de filles et avoir de vraies conversations de filles, parfois, mais je finis toujours par me retourner vers les garçons et être plus à l'aise en leur compagnie, plus à l'aise avec eux à cause de leur franchise, loin de l'hypocrisie féminine. Ce qui est complètement contradictoire du fait que c'était les filles que j'aimais. Peut-être ai-je, justement, toujours préféré la compagnie des garçons à celle des filles parce que, ainsi, je pouvais me tenir loin de l'inévitable compétition féminine et de l'opinion publique, ainsi j'évitais de me comparer constamment à elles et à la normal. Je n'aurais fait que me complexer et me détester davantage, à force de m'entourée constamment de filles. C'est justement pourquoi mon égo souffrait toujours d'avoir des amies plus belles que moi. Je finissais toujours par les envier et de ce fait, maudire ma propre apparence de ne pas être comme la leur. Oui, sans doute est-ce une des raisons qui m'a, déjà toute petite, poussée à me tenir avec les garçons. Avec eux, je ne pouvais pas me comparer, me complexer. Au contraire, peut-être que j'ai toujours préféré la compagnie des garçons justement pour me sentir un peu plus spéciale, parce que, inconsciemment, je savais qu'en étant la seule fille au sein d'un groupe de gars, j'obtiendrais, d'une manière ou d'une autre, un peu plus d'attention. Peut-être est-ce effectivement mon narcissisme qui m'a poussée à préférer leur compagnie, mon besoin de me sentir importante et désirée, pour essayer de faire vainement abstraction de mes complexes et de combien je suis mal dans ma peau. Et malgré tout ça, peu importe quelles raisons mon subconscient a choisi pour me pousser depuis toujours vers les garçons, c'en est devenu un complexe, en quelque sorte. Parce qu'au fond, à force de ne côtoyer que des garçons ou presque, j'ai pris l'habitude de parler comme eux, de sacrer, d'être plus vulgaire... Même en apparence je suis loin d'être la fille la plus féminine qui soit, et parfois j'en veux à mes préférences en matière d'amis d'avoir fait de moi ce que je suis aujourd'hui, ayant développé en moi un semblant de complexe de féminité. Aujourd'hui, les personnes dont je suis le plus proche sont tous des garçons et, même si nous ne partageons pas le même sexe, ce sont tout de même eux qui semblent le mieux me comprendre. Et, bien que mes meilleurs amis soient tous des garçons, même si je préfère leur compagnie à celle des filles, les garçons sont quand même devenu, en vieillissant, la principale cause de mes soucis, de mes complexes, de mon manque d'estime, de mon besoin acharné de plaire peux-être en vain, aux filles, de mes échecs sentimentaux, de mes déceptions, de mes angoisses, de mes craintes... Gamine, on se contentait de jouer aux dinosaures ou aux petites voitures, mais au fil des années, les jeux ont tellement changé. Des jeux dont je ne suis pas certaine de comprendre parfaitement les règles, où je n'ai plus le sentiment de n'être qu'une simple partenaire de jeu, mais bien une sorte de victime. Alors qu'enfant on jouait aux dinosaures, désormais, les garçons et moi, c'est comme si on jouait au loup. Et j'en suis la proie. Par chance... Il y a les femmes.

Ma rêverie s'arrêtait lorsqu'elle se tournait de nouveau contre moi et à se moment, je fis un cercle autour d'elle. Prenant soin de me gardé à distance pour la contourné comme si elle portait la peste. Il y avait beaucoup de choses à faire durant une nuit. Au départ, je n'avais plus réellement envie, mais maintenant j'avais cette irrépressible envie de pouvoir la contrôler. Il fallait commencer par la faire entré dans se bar et à petite dose surement, la faire boire, jusqu'à temps qu'elle en perde ses moyens. À partir de là, les choses allaient être facile. Je comptais sur l'idée qu'elle était une Neko et que l'alcool, était une de ses dernières préoccupation. Le mieux étant qu'elle n'est jamais toucher réellement à l'alcool. Les effets seront ainsi, plus rapide. Les lèvres de la créature se mirent à bouger et je pu connaître son prénom. Shalynna. Ma main se posa sur la barre en métal horizontale de la porte ou il y avait une inscription qui dictait de pousser. Ne faisant aucun geste, sinon que lever les yeux vers la femme de la race inférieur.

-Je suis Luna. Ce soir, présente toi comme étant ma Neko et appelle moi Luna. Le ''titre'' maîtresse n'offre rien sinon qu'un faux sentiment de possession. Joue bien le jeux et tout se passera bien... Shalynna.

C'était claire et tout était dit. Dès qu'elle ferait un pas vers moi, le jeux allait pouvoir commencé. Je devais lui prendre tout ce qu'elle avait de bien, tout prendre et ne rien lui donner. Et qui sait... Venger mon père.
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MessageSujet: Re: Une photo... (Terminé)   Jeu 3 Mai - 14:34

Dans la froideur de la soirée, devant un bar animé, je fixais une jeune femme d’une manière sensuelle dans l’espoir de provoquer un doute chez elle. Je venais tout juste d’accepter sa proposition par pitié car c’était la deuxième fois qu’elle faisait sa demande. J’avais aussi précisé qu’il ne se passerait rien d’autre qu’une discussion ennuyeuse. Mais au fond et avec ma voix, j’avais presque insinué le contraire, tout dépendrait d’une seule chose : de ce qui se passerait dans le bar.
Après tout, il ne fallait pas oublier que désormais ma vie n’était qu’un jeu. Rien de ce qu’il pourrait m’arriver n’arriverait à me blesser. Au fond, ma carapace était bien différente des autres carapaces. La plupart des gens se mettraient à fuir les gens, à ne pas se rapprocher. Alors que moi, je n’hésitais pas à faire des rencontres, à m’approcher même des êtres diaboliques qui sont pour moi, les êtres les plus dangereux. Le danger ne m’a jamais fais peur, j’ai même toujours aimé ça, car elle me rendait vivante, me donner de l’énergie comme jamais. C’était une sensation agréable que je pouvais partager avec la personne la plus chère à mon cœur. Mais désormais, j’étais seule. Et la sensation est loin d’avoir la même saveur, il n’y en avait qu’une, aucun mélange possible. Aucune personne avec qui partager ses sensations, en discuter longuement pour ressentir ce que l’autre ressent. Au fond, je ne pouvais en parler qu’avec moi-même. Et on ne peut pas dire que ce soit une chose très exaltant.

Alors que je partais encore une fois dans mes pensées, je fus sauvée par sa remarque. Si on peut dire ça comme ça. Sa question était là pour me faire parler, pour me faire dire les mots qu’elle voulait. Ou peut-être pas. Qu’est ce qu’elle cherchait au fond ? Dès qu’elle m’avait vu, elle voulait coucher avec moi, donc mon corps l’intéressait. Et maintenant, elle avait l’air de dire qu’elle s’en fichait royalement, qu’elle voulait juste me…

* NON *

Je venais de clairement comprendre qu’elle voulait simplement me soumettre, m’emprisonner chez elle. Ce n’était pas possible, ce n’était pas son but. Son premier regard me disait « je vais te tuer », son deuxième disait « je veux ton corps » et cette dernière phrase signifiait à mes yeux « je te veux ». Et bien sur, cela incluait autant mon corps que mon esprit. De nouveau, elle montrait sa domination sur moi, simplement car elle était la fille du diable ? Comme si cela suffisait à être maître de ce que j’étais. Il était hors de question qu’elle m’est. Et même si j’avais tout compris de ce qu’elle voulait sauf si je me trompais, je n’allais certainement pas changer d’avis. Le jeu continue, et elle ne se doutait pas de tout ce qui pourrait arriver par la suite.
Il faut toujours se méfier de l’eau qui dort, dit-on.

Regardant le bar animé, je me demandais ce que je voulais au fond. La solitude me pesait sérieusement. Etait-ce du au fait que je ne pouvais plus rien partager avec quelqu’un ? Cela ne faisait aucun doute. Depuis toute petite, je partageais mes moments. Je vivais les aventures avec mon meilleur ami, l’être le plus cher à mon cœur après mes parents. Puis je racontais tout à lui… Oui, j’avais du garder ça longtemps pour moi, car mes parents n’était pas toujours au courant de nos escapades. Et quand ils l’étaient, ils n’avaient pas envie de m’écouter à chanter comme quoi c’était bien, car ils me l’avaient interdit. Cela dura un temps, avant qu’en vienne un autre.
Quand mes parents ont trouvés la punition adéquate, que je me suis calmé et que j’ai juré d’être plus prudente, d’être plus attentive car l’âge adulte arrivait, j’avais enfin pu partager mes aventures avec ma mère et mon père, qui jusque là me voyait comme une sauvageonne qui n’aimait pas ses parents. C’était loin d’être le cas, je les aimais, bien plus qu’ils n’auraient pu les imaginer. Mais la vie de femme au foyer, celle qui ne vit pas d’aventure ne m’intéressait pas, je voulais être une guerrière, une femme capable de défendre son territoire, son peuple et les gens qu’elle aimait, comme un homme en fait.
J’avais envie de retrouver cette sensation, d’être à nouveau écouter, intéressante pour quelqu’un. J’avais envie de parler de ma vie, de dire que je n’étais pas une neko normale, que j’avais une vie trépidante, mouvementée telle que je pourrais en écrire une histoire qui intéresserait le monde. Surement que cela intéresserait plus les petites filles avec les contes de fée mais en fin de compte, c’est loin d’être un compte de fée. C’est une histoire remplis d’action, d’émotion aussi, certes mais surtout d’action et de rebondissement. J’en étais persuadé mais je n’avais l’avis que de moi-même pour le moment. Et cela va durer encore longtemps, très longtemps. Et de ce fait, je m’en mordis les lèvres intérieurement, regrettant que le temps ne passe pas plus vite. Non, je ne voulais pas de ça, je voulais jouer, jouer autant qu’il le fallait pour oublier cette sensation de manque. Il ne fallait plus que mon esprit s’évade ainsi, il fallait qu’il reste occuper, occuper à penser…
Occuper à penser qu’à nouveau, j’étais atteinte de la peste. Oui car la jeune femme faisait encore un cercle autour de moi. Vraiment, elle était instable, il n’y avait pas moyen de prévoir sa réaction. Heureusement, la mienne l’était tout autant, ce qui nous faisait un point commun…Devais-je vraiment être fière d’avoir le même point commun qu’elle ? Bien sur que non, vu qu’elle était le diable, je n’aimerais pas être comme le diable. Malheureusement, le mal était toujours plus tentant que faire le bien.
Une triste vérité, un triste sort…

J’avais pu remarquer qu’elle était désormais près de la porte du bar, et moi, toujours dans la rue, assez loin d’elle. Désormais, elle connaissait mon nom, et j’attendais simplement le sien en retour. Si elle ne donnait rien contre le mien, alors j’allais partir dans la rue, si elle me le donnait, je la suivrais. Tout dépendait d’elle en fin de compte, si elle faisait sa dominante, je partirais, si elle faisait la personne de même niveau, je resterais. Tout était clair dans ma tête, mais sa réponse fut entre les deux, ce qui fait que j’avais du trouver une troisième solution moi-aussi.
Elle disait s’appellait Luna, un nom lié à la lune. Etait-ce fait exprès ? En tout cas, une chose était sur, elle était de caractère lunatique, par ses changements instables. Lune, Luna, lunatique… Elle aurait finalement du s’appelait entièrement Lunatique, comme ça, on comprendrait si facilement ce qu’elle était et sa dangerosité. Pour une fois, un prénom pouvait dire beaucoup de chose sur une personne sans même à lire dans un bouquin ce que signifie ce prénom. Un mot suffisait à la décrire et à l’appeler. C’était amusant !
Mais ce qui m’avait obligé à changer de solution n’était pas le fait d’avoir donné son nom, mais de m’avoir ordonné à l’appeler « Luna ». Il parait que dire « maitresse » n’apportait qu’un leurre à ses yeux. Si j’avais compris, elle se croyait bien supérieur à moi, être même maitresse de moi sans que j’étais obligé de dire ce mot de possession. Mais se rendait-elle compte qu’elle n’était pas « ma maitresse » et qu’elle ne le serait jamais ? Bientôt, elle aura de grande surprise de ma part.

Regardant à droite, puis à gauche, je finis par me rapprocher d’elle. Arrivant à ses cotés, à sa hauteur, je la regardais droit dans les yeux en lançant cette phrase.

    - C’était dans mon idée, tu lis dans mes pensées ? Dis-je d’un ton calme et sans provocation.


Alors qu’au fond, cela en était totalement. Finalement, je posais ma main sur la barre de métal de la porte, chassant par la même occasion celle de la soi-disant maitresse. Je remarque à ce moment-là l’écriteau indiquant qu’il fallait pousser la porte pour qu’elle s’ouvre. Et comme je devais jouer la neko de mademoiselle, et que je devais être docile, il était totalement normal que ce soit moi qui ouvre la porte pour ensuite la laisser entrer en première dans le bar.
Car c’est elle qui savait où se trouvaient ses amis, ceux que je devais rencontrer pour la soirée.
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